TPE 2006-2007: Le Bioethanol

Les Avantages du Bioéthanol

Selon la conférence de presse « bioéthanol » du 01.03.05 au SIMA , les filières bioéthanol répondent à trois enjeux majeurs, qui sont autant d’avantages en leur faveur.

Tout d’abord elles bénéficient d’un impact environnemental réduit par rapport aux carburants fossiles. Ensuite, elles génèrent une nouvelle activité économique, source de recettes directes ou indirectes pour l’état, ainsi que la création et le maintien d’emplois dans les régions de production.


1) Impact environnemental :
    La combustion des carburants fossiles est une sorte de déstockage du carbone stocké sous forme d’hydrocarbures. Le CO2 fossile dégagé contribue donc à modifier l’équilibre du cycle de carbone en participant à l’augmentation massive des gaz à effet de serre.

Par contre, la combustion des produits entièrement issus de la biomasse, tel que le bioéthanol, produit un CO2 qui ne participe pas à l’augmentation de l’effet de serre car  ce CO2 libéré est celui consommé par la plante comme nous l’indique le cycle de CO2 du schéma.
                          

source :http://lasen.epfl.ch/page40003.html

Cycle de CO2 lors de l’utilisation de biocarburants


    Le bioéthanol a été décrié jusque dans les années 1990 avec un seul argument, aujourd’hui réfuté : sa fabrication nécessitait une dépense énergétique supérieure à l’énergie produite (rendement énergétique négatif ). Cette ambiguïté a été levée par différentes études américaines et anglaises, mais aussi grâce à une étude menée en 2002 sur la production française par PricewaterhouseCoopers . L’étude a montré que, au regard de la production actuelle, la filière bioéthanol de blé restitue deux fois plus d’énergie qu’elle ne consomme d’énergie d’origine non renouvelable (données 2002). Elle a également montré que dans le cadre d’un scénario prospectif (horizon 2010) incluant la construction de nouvelles unités de production de bioéthanol, ce rapport s’améliorera rapidement pour atteindre 3,5 fois plus d’énergie restituée par le bioéthanol qu’il n’a fallu d’énergie non renouvelable pour le fabriquer. Appliquée à l’essence, cette évaluation est moins performante, on consomme 1,25 fois plus d’énergie non renouvelable pour produire de l’essence que d’énergie contenue dans cette même essence.

2) Une activité économique nouvelle :
     Les effets économiques induits par la filière bioéthanol sont multiples. Ils ont toujours été évalués par comparaison à la filière essence en place. Dans chacun des cas, il s’agit d’une première approche, limitée aux filières bioéthanol et essence, toutes choses égales par ailleurs. Dans les scénarios prospectifs, seul le volume de production du bioéthanol a été augmenté.

  Une première analyse de chaque branche de la filière a mis en évidence la création de 8 millions d’euros de valeur ajoutée en 2004. Cette valeur ajoutée se répartit entre l’agrofourniture (9 %), la production agricole (32 %), la fabrication du bioéthanol (40 %), et le transport du bioéthanol (17 %). Par comparaison, la filière essence crée 2,5 millions d’euros de valeur ajoutée, répartie entre le raffinage et le transport. À l’horizon 2010, la création de nouvelles unités de production de bioéthanol de blé doit créer 128 millions d’euros de valeur ajoutée contre 54 millions d’euros pour l’essence. La répartition de la valeur ajoutée entre les branches d’activités reste sensiblement la même. La filière bioéthanol de blé crée ainsi une richesse plus importante que celle créée par le carburant traditionnel. Mieux encore, elle se répartit de façon plus équilibrée entre les différents acteurs de la filière.

    À partir de ces grandeurs économiques, il a été possible d’évaluer les recettes fiscales dégagées par l’une et l’autre des filières. Les recettes prises en compte sont les impôts sur le revenu des employés de la filière, l’impôt sur les sociétés, la taxe professionnelle, la taxe foncière, les taxes agricoles spécifiques, la TGAP (taxe générale sur les activités polluantes) et la contribution sociale de solidarité des sociétés. L’ensemble de ces recettes fiscales générées par la filière bioéthanol représente 2,4 millions d’euros en 2003. À l’horizon 2010, et avec les hypothèses de calcul de l’année 2003, ces recettes s’accroissent avec l’augmentation de production, pour atteindre 49 millions d’euros. L’estimation des recettes fiscales de la filière essence est de 0,2 millions d’euros en 2003 à 5 millions en 2010.

    La valorisation sur le marché français des drêches (ce sont des résidus de la brasserie) produites par les distilleries constitue un point fort original du bioéthanol. En effet, compte tenu de leur teneur en protéines, les drêches sont un complément intéressant en alimentation animale. Elles peuvent se substituer en partie au tourteau de soja dans la ration. Cela impacte positivement la balance commerciale de la filière. Une tonne de drêche équivaut ainsi à l’importation de 0,6 tonnes de tourteaux de soja, ce qui permet d’affirmer qu’en 2010 les importations en tourteau de soja pourraient être réduites de 15 %, soit 137 millions d’euros en valeur.

    Le développement d’une filière de bioéthanol permettra également de réduire la dépendance énergétique. La France importe encore la moitié de sa consommation d’énergie primaire et ces importations sont majoritairement issues de zones politiquement instables. Concernant les carburants, les importations atteignent 98 % de la consommation. Le développement d’une nouvelle filière de carburant permettrait de réduire cette dépendance tout en réduisant une facture énergétique en constante hausse.

3) Un avantage social :
    À volume équivalent de production, la filière bioéthanol maintient et crée plus d’emplois que la filière essence. Cette affirmation résulte d’un calcul décomposant les filières en plusieurs étapes clés de production et en rattachant ensuite celles-ci à des branches d’activités. Les emplois associés aux branches d’activités sont ensuite attribués au prorata  du chiffre d’affaire de chaque filière. En 2010, le bioéthanol devrait ainsi créer 2 050 emplois, répartis équitablement à toutes les étapes de la filière. Par comparaison, la filière essence créerait 256 emplois à la même date.


Bilan:
    L’écobilan de la filière a permis une première approche chiffrée des bénéfices environnementaux, économiques et sociaux de la filière par comparaison à l’essence. En améliorant la rentabilité économique de la filière, en rappelant que celle-ci se consolide grâce à une aide de l’État mesurée compte tenu des retours attendus, et en s’appuyant sur des avantages environnementaux certains, la filière bioéthanol mérite pleinement le qualificatif d’“énergie du développement durable”. Malheureusement, derrière tous ces avantages se cachent certaines limites.

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