Selon la conférence de presse « bioéthanol » du 01.03.05 au SIMA , les filières bioéthanol répondent à trois enjeux majeurs, qui sont autant d’avantages en leur faveur.
Tout d’abord elles
bénéficient d’un impact environnemental
réduit par rapport aux carburants fossiles. Ensuite, elles
génèrent une nouvelle activité
économique,
source de recettes directes ou indirectes pour
l’état,
ainsi que la création et le maintien d’emplois
dans les
régions de production.
1) Impact environnemental :
La combustion des carburants fossiles
est une sorte de déstockage du carbone
stocké sous forme d’hydrocarbures. Le CO2
fossile
dégagé contribue donc à modifier
l’équilibre du cycle de carbone en participant
à
l’augmentation massive des gaz à effet de serre.
Par contre, la
combustion des produits entièrement issus de la biomasse,
tel
que le bioéthanol, produit un CO2 qui
ne participe pas à
l’augmentation de l’effet de serre car ce
CO2
libéré est celui consommé par la
plante comme nous
l’indique le cycle de CO2 du
schéma.
source
:http://lasen.epfl.ch/page40003.html
Le bioéthanol a
été
décrié jusque dans les années 1990
avec un seul
argument, aujourd’hui réfuté : sa
fabrication
nécessitait une dépense
énergétique
supérieure à l’énergie
produite (rendement
énergétique négatif ). Cette
ambiguïté
a été levée par différentes
études
américaines et anglaises, mais aussi grâce
à une
étude menée en 2002 sur la production
française
par PricewaterhouseCoopers . L’étude a
montré que,
au regard de la production actuelle, la filière
bioéthanol de blé restitue deux fois plus
d’énergie qu’elle ne consomme
d’énergie
d’origine non renouvelable (données 2002). Elle a
également montré que dans le cadre d’un
scénario prospectif (horizon 2010) incluant la construction
de
nouvelles unités de production de bioéthanol, ce
rapport
s’améliorera rapidement pour atteindre 3,5 fois
plus
d’énergie restituée par le
bioéthanol
qu’il n’a fallu d’énergie non
renouvelable
pour le fabriquer. Appliquée à
l’essence, cette
évaluation est moins performante, on consomme 1,25 fois plus
d’énergie non renouvelable pour produire de
l’essence que d’énergie contenue dans
cette
même essence.
2) Une activité économique nouvelle :
Les effets
économiques induits par la filière
bioéthanol sont
multiples. Ils ont toujours été
évalués par
comparaison à la filière essence en place. Dans
chacun
des cas, il s’agit d’une première
approche,
limitée aux filières bioéthanol et
essence, toutes
choses égales par ailleurs. Dans les scénarios
prospectifs, seul le volume de production du bioéthanol a
été augmenté.
Une première analyse de chaque branche de la
filière a
mis en évidence la création de 8 millions
d’euros
de valeur ajoutée en 2004. Cette valeur ajoutée
se
répartit entre l’agrofourniture (9 %), la
production
agricole (32 %), la fabrication du bioéthanol (40 %), et le
transport du bioéthanol (17 %). Par comparaison, la
filière essence crée 2,5 millions
d’euros de valeur
ajoutée, répartie entre le raffinage et le
transport.
À l’horizon 2010, la création de
nouvelles
unités de production de bioéthanol de
blé doit
créer 128 millions d’euros de valeur
ajoutée contre
54 millions d’euros pour l’essence. La
répartition
de la valeur ajoutée entre les branches
d’activités
reste sensiblement la même. La filière
bioéthanol
de blé crée ainsi une richesse plus importante
que celle
créée par le carburant traditionnel. Mieux
encore, elle
se répartit de façon plus
équilibrée entre
les différents acteurs de la filière.
À partir de ces grandeurs
économiques,
il a été possible d’évaluer
les recettes
fiscales dégagées par l’une et
l’autre des
filières. Les recettes prises en compte sont les
impôts
sur le revenu des employés de la filière,
l’impôt sur les sociétés, la
taxe
professionnelle, la taxe foncière, les taxes agricoles
spécifiques, la TGAP (taxe générale
sur les
activités polluantes) et la contribution sociale de
solidarité des sociétés.
L’ensemble de ces
recettes fiscales générées par la
filière
bioéthanol représente 2,4 millions
d’euros en 2003.
À l’horizon 2010, et avec les
hypothèses de calcul
de l’année 2003, ces recettes
s’accroissent avec
l’augmentation de production, pour atteindre 49 millions
d’euros. L’estimation des recettes fiscales de la
filière essence est de 0,2 millions d’euros en
2003
à 5 millions en 2010.
La valorisation sur le marché
français
des drêches (ce sont des résidus de la brasserie)
produites par les distilleries constitue un point fort original du
bioéthanol. En effet, compte tenu de leur teneur en
protéines, les drêches sont un
complément
intéressant en alimentation animale. Elles peuvent se
substituer
en partie au tourteau de soja dans la ration. Cela impacte positivement
la balance commerciale de la filière. Une tonne de
drêche
équivaut ainsi à l’importation de 0,6
tonnes de
tourteaux de soja, ce qui permet d’affirmer qu’en
2010 les
importations en tourteau de soja pourraient être
réduites
de 15 %, soit 137 millions d’euros en valeur.
Le développement
d’une filière
de bioéthanol permettra également de
réduire la
dépendance énergétique. La France
importe encore
la moitié de sa consommation d’énergie
primaire et
ces importations sont majoritairement issues de zones politiquement
instables. Concernant les carburants, les importations atteignent 98 %
de la consommation. Le développement d’une
nouvelle
filière de carburant permettrait de réduire cette
dépendance tout en réduisant une facture
énergétique en constante hausse.
3) Un avantage social :
À volume
équivalent de production, la
filière bioéthanol maintient et crée
plus
d’emplois que la filière essence. Cette
affirmation
résulte d’un calcul décomposant les
filières
en plusieurs étapes clés de production et en
rattachant
ensuite celles-ci à des branches
d’activités. Les
emplois associés aux branches
d’activités sont
ensuite attribués au prorata du chiffre
d’affaire de
chaque filière. En 2010, le bioéthanol devrait
ainsi
créer 2 050 emplois, répartis
équitablement
à toutes les étapes de la filière. Par
comparaison, la filière essence créerait 256
emplois
à la même date.
Bilan:
L’écobilan de la
filière a
permis une première approche chiffrée des
bénéfices environnementaux,
économiques et sociaux
de la filière par comparaison à
l’essence. En
améliorant la rentabilité économique
de la
filière, en rappelant que celle-ci se consolide
grâce
à une aide de l’État mesurée
compte tenu des
retours attendus, et en s’appuyant sur des avantages
environnementaux certains, la filière bioéthanol
mérite pleinement le qualificatif
d’“énergie
du développement durable”. Malheureusement,
derrière tous ces avantages se cachent certaines limites.