Lien
au moteur automobile
S'il est bien
intéressant de
savoir comment fabriquer du bioéthanol, ça l'est
encore
plus de savoir comment ce dernier va être utilisé
dans les
moteurs.
Fondamentalement, il
existe 4
façons différentes d'introduire le
bioéthanol dans
un moteur automobile.
1)Ethanol
anhydre mélangé à de
l’essence
Cette première solution consiste à utiliser le
bioéthanol anhydre
(sans eau), c’est à dire pur, en
mélange avec
l’essence conventionnelle.
a)
Faibles Concentrations
Pour des petites concentrations, c’est à
dire de 5
à 10%, l’éthanol peut être
incorporé
directement à l’essence et fonctionner dans des
véhicules normaux, sans avoir besoin de modifier le moteur.
Pour des raisons purement légales de
compatibilité avec les normes européennes, le
taux
maximum d'alcool en mélange à de l'essence sans
plomb en
Europe est fixé à 5%.
Cependant quelques
probèlmes se posent : un problème important
lié à l'utilisation
d'éthanol en mélange à faible taux
d'incorporation
est l'augmentation de la pression de vapeur (ou
volatilité). Les conséquences en sont une
augmentation
des émissions par évaporation, et un risque de
formation
de bouchon de vapeur par temps très chaud et en haute
altitude.
b)
Concentrations plus élevées
Au-delà des valeurs réduites,
l’utilisation du
bioéthanol nécessite une transformation du
moteur.
C’est ainsi que sont apparus les moteurs «
flex-fuel
» (flexibles), qui vont permettre à des
véhicules
d’utiliser indifféremment de
l’éthanol ou de
l’essence, jusqu’à 85% de concentration
en
éthanol.
source : Science et Vie
Ce dessin permet
d'observer que le véhicule flex-fuel
subit un certain nombres de modifications par rapport à un
véhicule standard.
Au niveau du moteur, l’allumage et la combustion
étant
différents des véhicules standards, le
véhicule
flex-fuel nécessite des améliorations. Ainsi, il
est
capable de s’adapter en fonction du pourcentage
d’éthanol dans le réservoir.
Au niveau des autres composants, la plus grande
nécessité
est de renforcer les matériaux, car
l’éthanol a un
pouvoir corrosif que l’essence conventionnelle ne
possédait pas.
2) Ethanol anhydre mélangé avec du diesel
Cette deuxième solution permet d’incorporer de
l’éthanol dans des moteurs diesels sans les
modifier.On a deux possibilités :
-
l’incorporation d’éthanol à
hauteur de 3%,
sans aucune modification (cette méthode est actuellement
testée).
- l’ajout d’éthanol à hauteur
de 10-15 %,
sans modifier le moteur mais en ajoutant un solubilisant qui permettra
d’obtenir un mélange stable.
Mais dans les deux cas, ce sont des modèles qui ne sont pas
encore viables à une échelle industrielle, et qui
sont
encore à une phase expérimentale.
3) Ethanol hydraté
Autre idée,
l’utilisation d’éthanol
hydraté est encore une utilisation à
l'étude. Si
ce procédé se mettait en place, on pourrait
éviter
les étapes fastidieuses
de la déshydratation (qui permet d’obtenir un
éthanol pur), qui restent très
compliquées et
chères..
Cette solution offre la possibilité d'utiliser directement
du
bioéthanol hydraté, plus facile et donc aussi
moins cher
à produire. Les moteurs (essence ou diesel), dans ce cas,
doivent être légèrement
modifiés, ou mieux
encore, directement conçus à cet effet.
Cependant, avec l’éthanol hydraté, le
fonctionnement à froid et le démarrage pose
quelques
problèmes.
Les solutions envisageables sont l’ajout d'une
bougie d'allumage ou encore celle d'un additif. Mais cet additif
augmenterait sensiblement le coût de production du
bioéthanol.
4) L’ETBE
Dernière
solution proposée : l'ETBE. Ce
carburant, de son vrai nom
éthyl-tertio-butyl-éther
(ETBE) est fabriqué en transformant
l’éthanol
grâce à une réaction chimique avec de
l’isobutène.
Au niveau du fonctionnement, ses propriétées sont
beaucoup plus favorable à l’utilisation dans les
moteurs.
Il est incorporé dans l’essence à
hauteur de 10-15
%.
En Europe il s'agit de
la
filière d’utilisation du bioéthanol la
plus
développée aujourd’hui.
Bilan : anhydre, hydraté, transformé
en ETBE, le
bioéthanol trouvera donc apparement sous plusieurs formes sa
place dans nos
moteurs.